
Septembre
2002
Chic!
par
Marie-Eve Cousineau
Plus question d’user
ses gougounes sur les planchers des édifices à bureaux, ni de revêtir son
douillet pull molletonné le vendredi. Le «n’importe quoi» des dernières années
est allé se rhabiller! Mais le tailleur ajusté et la cravate tortionnaire ne
sont pas de rigueur pour autant.
C’est le «décontracté
chic» qui est désormais à la page dans les bureaux. Pour épouser cette tendance,
la femme d’affaires n’a qu’à troquer le traditionnel chemisier contre un tricot
ou un t-shirt de soie sous son tailleur. Quant au professionnel décravaté, il
peut porter un «beau pantalon noir assorti d’une chemise munie de boutons de
manchette pour rencontrer des clients», dit le designer Luc Laroche, qui a conçu
une collection casual destinée aux 18-35 ans, baptisée Lùk.
Depuis quelques années,
les compagnies précisent de plus en plus leurs exigences vestimentaires à
l’égard de leurs employés, remarque Marie-Claude Pelletier, la fondatrice de Les
effrontés, une boîte montréalaise qui offre des services de consultation
vestimentaire ainsi que de magasinage pour hommes et, depuis peu, pour femmes.
«La plupart des codes vestimentaires des entreprises précisent, par exemple, que
le col est obligatoire.»
Rayures et
surpiqûres
À
la rentrée, les couleurs sombres donnent aux costumes des hommes un air plus
sérieux. Noir, marine, gris, anthracite, chocolat et brun tabac sont accentués
par des teintes comme le rouge bordeaux. Sans être un must de la saison, la
cravate peut agrémenter le costard de ceux qui y sont fidèles. Mais elle sera
gaie! «Elle n’est pas unie ou monochrome comme au cours des dernières années,
remarque Marie-Claude Pelletier. Les contrastes de couleurs sont nombreux et
elle comporte des micro-motifs, comme des carreaux ou des rayures.» Il n’y a pas
que les cravates qui soient rayées. Les chemises, dont le fond est souvent
blanc, arborent également la rayure. C’est sans compter les chemisiers et les
tailleurs féminins, observe Michèle Marin, styliste personnelle chez Les
effrontés.
Sur le denim, les
surpiqûres ont la cote et lui donnent un petit air élégant. «Dans le style
“décontracté chic”, le denim de ville est très à la mode cet automne», souligne
Michèle Marin. On retrouve aussi les surpiqûres sur les chemises pour hommes et
sur les tailleurs des femmes. La garde-robe sophistiquée de madame est souvent
taillée dans la flanelle, le tweed et divers types de velours. «Certains
vêtements rappellent un peu le style victorien, ajoute la styliste. Le tailleur
a tantôt une manche gigot — ajustée dans le bas et bouffante aux épaules — ou
qui arbore parfois un petit volant.» Le pantalon féminin demeure de coupe
classique — sans pli, jambe large, taille basse —, mais la jupe droite cède
notamment la place à un style «ligne A» ou à godets, c’est-à-dire à gros plis
souples. Dans sa collection d’automne, la designer québécoise Nadya Toto a opté
pour une jupe en bas du genou et au ourlet asymétrique, très
tendance.